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Vos salariés au volant : maîtrisez les subtilités du véhicule d'entreprise

Nous vous éclairons sur les subtilités de cette mise à disposition pour que vous puissiez rouler l'esprit tranquille et éviter les mauvaises surprises.

Un article de
Hélène GIMMILLARO
Juriste en droit social

Parole d’experts

Véhicule d'entreprise : maîtriser les subtilités

Le 5 août 2025

Vos salariés sont souvent sur la route, chez les clients, sur les chantiers ou entre vos différents sites ? La mise à disposition d'un véhicule d'entreprise est une excellente solution. Mais entre le véhicule de fonction et le véhicule de service, il est parfois difficile de s'y retrouver. Et qu'en est-il des trajets domicile-travail ?

Véhicule d'entreprise : maîtriser les subtilités

Nous vous éclairons sur les subtilités de cette mise à disposition pour que vous puissiez rouler l’esprit tranquille et éviter les mauvaises surprises.

Véhicule de fonction vs. Véhicule de service : Faites la différence !

Bien que les deux désignent un véhicule mis à disposition par l’employeur, leurs implications, notamment fiscales et sociales, sont bien différentes.

Le saviez-vous ? Peu importe le nom que vous donnez au véhicule ("voiture de société", "voiture de fonction", etc.), seule l'utilisation réelle que vous autorisez compte juridiquement. Il est donc essentiel de préciser l'usage exact du véhicule dans le contrat de travail du salarié ou dans un document annexe comme une charte d'utilisation ou le règlement intérieur.

Le véhicule de fonction : un avantage en nature

Le véhicule de fonction est mis à la disposition du salarié de manière permanente, pour son usage professionnel ET personnel. Cela signifie que le salarié peut l’utiliser pour ses trajets quotidiens, ses loisirs, ou même pendant ses vacances.

Pour l’entreprise, cet avantage est considéré comme un avantage en nature, et doit à ce titre être évalué et soumis à cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu. C’est une composante de la rémunération du salarié qui doit apparaître sur son bulletin de salaire.

Retirer un véhicule de fonction : est-ce possible ?

Puisque le véhicule de fonction fait partie de la rémunération, vous ne pouvez pas le retirer sans l’accord du salarié. Si vous le faites sans son consentement, il pourrait prendre acte de la rupture de son contrat de travail, ce qui peut coûter cher ! Si le salarié accepte le retrait du véhicule, il doit être compensé par une revalorisation salariale équivalente.

Le saviez-vous ? Il n’est pas possible de remplacer un véhicule de fonction par un véhicule de service sans l’accord de son salarié. Ce remplacement revient à effectuer une modification du contrat de travail, qui n’est possible qu’après l’accord du salarié.

Le contrat de travail peut prévoir une restitution de la voiture lors d’un arrêt de travail prolongé, sous réserve du versement d’une indemnité compensatrice équivalente à la valeur de l’avantage en nature perdu. Cependant, il faut être vigilant quant à la rédaction de la clause de restitution : il a déjà été jugé que la restitution n’était pas autorisée si elle était conditionnée à l’affectation du véhicule à un remplaçant et que cette nécessité n’était pas avérée. En d’autres termes, la clause ne doit pas être trop restrictive pour éviter toute contestation.

Si le véhicule de fonction est équipé d’un système de géolocalisation, veillez à ce que votre salarié en soit informé par écrit, mais aussi (et surtout !) à ce que ce système puisse être désactivé en dehors du temps de travail de votre salarié, afin de respecter sa vie privée.

Le véhicule de service : pour le travail uniquement

À l’inverse, le véhicule de service est réservé à un usage exclusivement professionnel. Le salarié ne peut l’utiliser que pour les besoins de son activité (rendez-vous clients, chantiers, livraisons, etc.). Il doit être ramené à l’entreprise en dehors des heures de travail.

Dans ce cas, il n’y a pas d’avantage en nature pour le salarié, et donc pas d’impact sur les cotisations sociales ou l’impôt sur le revenu.

Attention, en cas d’utilisation frauduleuse du véhicule de service (utilisation à des fins personnelles notamment), celui-ci peut être requalifié en véhicule de fonction (et donc soumis aux charges sociales et à l’impôt sur le revenu). Soyez vigilant et n'hésitez pas à sanctionner les salariés qui ne respectent pas les conditions d'utilisation établies !

Retrait du véhicule de service : plus simple ! Le véhicule de service n’est pas un avantage accordé à un salarié, mais il entre dans les conditions de travail. A ce titre, le retrait, ou la modification des conditions d’utilisation (restriction à certains salariés, restriction des horaires…), ne nécessite pas l’accord des salariés. Si le véhicule est retiré, les frais de déplacements professionnels devront alors être indemnisés.

Le saviez-vous ? En cas d'accident, même si le salarié est en tort et donne son accord, vous n'avez pas le droit de prélever les frais de remise en état du véhicule sur son bulletin de paie.

La tolérance administrative pour les trajets domicile-travail : Une exception à connaître

En principe, un véhicule de service ne doit pas être utilisé pour les trajets personnels. Cependant, il existe une tolérance administrative de l’URSSAF concernant l’utilisation d’un véhicule de service pour les trajets entre le domicile du salarié et son lieu de travail.

Cette tolérance s’applique sous des conditions très strictes : 

  • l’utilisation du véhicule doit être nécessaire à l’exercice de l’activité professionnelle du salarié,
  • le véhicule ne doit pas être mis à disposition de manière permanente,
  • Le salarié ne doit pas pouvoir utiliser les transports en commun (trajet non desservi, ou mal desservi en raison d’horaires de travail particuliers).

Dans ce cas précis, et à condition que l’utilisation privée soit minimale et justifiée, l’URSSAF admet que cela ne constitue pas un avantage en nature.

Attention ! Cette possibilité doit être prévue et formalisée par écrit par l’employeur (dans le règlement intérieur, une note de service ou le contrat de travail). Ce document doit préciser clairement l'interdiction d'utiliser le véhicule pendant les repos hebdomadaires et les congés, ou imposer sa restitution durant ces périodes.

Cette tolérance est à manier avec précaution. En cas de contrôle, l’administration pourrait requalifier l’usage en avantage en nature si les conditions ne sont pas strictement respectées ou si l’usage privé est jugé excessif. Conservez précieusement toutes les preuves de la nécessité de ces trajets et la trace écrite de vos règles internes.

Anticipez et formalisez !

La mise à disposition d’un véhicule de société est une pratique courante, mais qui demande une bonne connaissance des règles pour éviter les pièges. Pour éviter toute mauvaise surprise, nous vous conseillons vivement de :

  • Définir clairement l’usage du véhicule (fonction ou service) dès le départ.
  • Rédiger une politique d’utilisation claire pour vos salariés, détaillant les règles d’usage, les interdictions, les responsabilités, etc.
  • Évaluer correctement l’avantage en nature si le véhicule est de fonction.
  • Formaliser expressément l’utilisation des véhicules de service pour les trajets domicile-travail si vous recourez à la tolérance administrative.
Des questions spécifiques sur vos véhicules d'entreprise ? Besoin d'aide pour rédiger vos clauses ou formaliser vos règles internes ? Nos équipes sont à votre disposition pour vous accompagner !

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