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A l’occasion des Estivales 2017, l’ANECS/CJEC et La Profession Comptable, ont souhaité réaliser un baromètre sur le thème : « Les jeunes professionnels et le digital. » Pauline Domain, collaboratice Yzico à Nancy et membre du bureau exécutif de l'ANECS témoigne. 

 

La Profession Comptable : Quels sont les principaux enseignements que vous tirez du baromètre que nous avons effectué ?

Pauline Domain : Pour ma part, je suis impressionnée par la digitalisation du cabinet. Je ne pensais pas que près de 30 % des répondants accorderaient 4 étoiles à leur cabinet. Je pensais plutôt que 40 % allaient indiquer 3 étoiles maximum. Après, je nuancerai cette réponse par le fait que certaines personnes peuvent avoir une idée plus positive de l’avancement de leur cabinet dans la digitalisation qu’elle ne l’est en réalité. Tout dépend de ce qu’ils connaissent du digital. Par contre, je suis très étonnée que certains indiquent qu’ils ne connaissent pas la gamme Office.

Pour rester sur les outils utilisés dans le cabinet, je ne comprends pas pour­quoi le pourcentage de répondants ne connaissant pas l’OCR est si élevé, alors qu’un pourcentage plus élevé pra­tique la numérisation des factures. Ces deux technologies étant liées l’une à l’autre.

Tous les éléments de réponses du baromètre montrent bien l’importance du travail que nous réalisons à l’ANECS.

Les jeunes ne sont pas si digitalisés que cela au final. Concernant l’appétence des clients par rapport aux outils digitaux, je pense que nous avons un rôle pédagogique à tenir. Passer les nouveaux clients sur des outils numériques, c’est une situation plus confortable. Les clients déjà existants au sein du cabinet peuvent être les plus compliqués à convaincre. C’est avec eux que nous devons être les plus pédago­gues possible.

Au niveau des clients, la facturation élec­tronique va engendrer un changement important du système de facturation ; de ce fait nos clients seront plus attentifs à la digitalisation de leurs processus. Le pourcentage de répondants qui pense que la tenue comptable reste un élément attractif pour ses clients, me semble anormal. La tenue comptable est une base, mais elle ne peut pas être attrac­tive. D’autres, par la fonction de DAF externalisé, n’ont pas obtenu le score que j’imaginais. Peut-être que cette fonction est encore mal appréhendée, peut-être est-elle considérée comme faisant partie de l’accompagnement client. Pour ce dernier, je note que nous fournis­sons encore trop de conseils gratuits.

Concernant le Big data, je pense que c’est un outil de rentabilité, d’analyse, d’identification de nouvelles lignes de service permettant d’augmenter le chiffre d’affaires pour le cabinet. Ce n’est donc pas pour moi un outil qui rend le cabinet attractif.

La transition numérique fait partie d’une réflexion stratégique pour le cabinet. Peu importe l’outil, ce n’est pas lui qui fait la stratégie. Il faut avoir une vraie démarche de vente. Il faut considérer le numérique pour ce qu’il est, c’est-à-dire un outil et pas une finalité en soi.

D’autre part, avec le numérique je pense qu’il faut faire attention à l’obsolescence du produit. De nos jours, les technologies évoluent rapidement et il n’est pas rare de voir disparaître un outil que le cabinet a mis en place.

C’est en cela qu’il faut veiller à ne pas être dépendant du dernier éditeur en particulier, qu’il faut s’assurer de la réver­sibilité du système. Il faut savoir rebondir, s’adapter aux outils et dépasser les réticences de certains clients. Je pense que le numérique rend l’expert-comptable encore plus « couteau suisse ». C’est-à-dire, qu’il nous permet de traiter des clients complètement différents. L’outil numérique rend possible le fait d’avoir une clientèle très diversifiée car il nous permet de gagner du temps.

Pour moi, les jeunes professionnels doivent être moteurs dans la transition numérique de la profession.

Je considère que je suis chanceuse de connaître énormément d’outils numé­riques et je souhaite aider mes confrères et consoeurs dans leur intégration dans le monde professionnel. Ce baromètre a été une claque pour moi dans le sens où ce n’est pas si simple de digitaliser les processus ; cela m’a fait prendre conscience qu’il existe des freins au changement, des freins au numérique, peu importe l’âge du professionnel.