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Reprise d’entreprise : une alchimie complexe

Mai 2016 - Jacques-Philippe CHEVALIER

Reprendre une entreprise est bien plus difficile que de la créer. Créer c’est évoluer avec son projet dans la durée. Reprendre c’est bénéficier de l’estime du cédant et devoir s’adapter sous trois mois à l’entreprise reprise.

40 000 entreprises changent ainsi de main chaque année avec des bonheurs divers. L’entreprise c’est une affaire d’hommes (et de femmes bien sûr). C’est la relation humaine qui prédomine.

Au premier chef il faut mettre en application le « connais-toi toi-même » de Socrate en évaluant de manière objective ses propres compétences :

La première d’entre elles, souvent demandée par le cédant, et surtout par le banquier est la maîtrise du métier. Il est forcément plus simple de reprendre une activité maîtrisée de  par une expérience professionnelle antérieure ; en second lieu,  il faut posséder les qualités managériales qui font que l’ensemble des collaborateurs vous reconnaîtra naturellement comme dirigeant : porter un projet de développement qui motive les équipes alors que le cédant était plutôt en fin de carrière, savoir s’entourer par  de nouveaux talents, faire appel à des consultants pour s’ouvrir au monde extérieur, avoir une âme de dirigeant et un caractère trempé qui emporte un esprit de décision. Remarquons  à ce propos que la période d’accompagnement par le cédant est de nature à troubler la relation dirigeant salarié. Pour éviter une société bicéphale, il est impératif que cette période soit brève, que l’accompagnement se fasse  par un coaching hors la vue des personnels et si cela n’est pas possible par une hiérarchie claire. Le personnel n’a désormais plus qu’un seul interlocuteur : son nouveau patron.

En troisième lieu il faut être bon gestionnaire ce qui ne veut pas dire être un spécialiste de la gestion ou de la comptabilité mais avoir du bon sens et être bien conseillé afin d’éviter les diagnostics erronés

Enfin, la reprise d’entreprise nécessite l’adhésion de la famille car l’investissement personnel du dirigeant bouscule nécessairement   l’équilibre familial. Il est donc indispensable d’être soutenu.