Imprimer

COMMENT PEUT-ON DEFINIR LA VALORISATION D’ENTREPRISE ?

Yann Ollivier : En premier lieu, il faut bien différencier la valeur et le prix de l’entreprise. La valeur est le résultat d'une approche économique et financière basée sur l'existant. Il n'y a pas UNE méthode de calcul de la valeur mais différentes approches qui, correctement choisies et pondérées, donneront une fourchette de valorisation. Ce n’est pas le rôle d’un dirigeant d’évaluer son entreprise, d’autant qu’il y a un affect fort. C'est une affaire de spécialiste ! Cette fourchette est ce qui va servir de base pour la négociation avec les candidats repreneurs. Le prix est lui le résultat de la confrontation entre l'offre et la demande et de la négociation entre les parties. Faire attention à ne pas faire fuir un repreneur avec une valorisation trop élevée ou basée sur des résultats datant de 4 ou 5 ans. Un repreneur achètera son futur mais pas un passé. La valeur de l’entreprise n'est pas non plus égale à la somme dont le dirigeant aura besoin pour compléter sa  retraite ! Notre message aux chefs d’entreprise : «Soyez d'emblée réaliste. Votre temps est précieux, celui du repreneur également.

QUELS ELEMENTS DOIT PRENDRE EN COMPTE LE DIRIGEANT D’ENTREPRISE ?

Yann Ollivier : La valeur bilan est tirée du bilan de l'entreprise : c'est l'actif moins les dettes. La valeur hors bilan est constituée par la valeur du fonds de commerce ne figurant pas au bilan comptable ou alors pour une valeur inférieure à la réalité. On rappellera que le fonds de commerce est composé de valeurs corporelles (matériels, agencements...) et de valeurs incorporelles (clientèle, droit au bail, nom commercial...).  Une entreprise peut très bien avoir eu un chiffre d'affaires conséquent dans le passé, mais qui finit par baisser dans le futur. Valoriser une entreprise avec des données futures permet de prendre en compte le risque d'une potentielle dégradation ou de mettre en exergue le potentiel de l'entreprise. 

POURQUOI EST-IL IMPORTANT D’ESTIMER LA VALEUR DE SON ENTREPRISE ?

Yann Ollivier : Évaluer son entreprise est la base de la négociation dans le cadre d'une vente. Grâce à l'évaluation vous pouvez savoir ce que vaut votre entreprise. Le prix de vente sera ensuite déterminé dans la suite des négociations en fonction de facteurs plus personnels: combien le repreneur est-il prêt à débourser pour obtenir l'entreprise (qui a une valeur que vous avez estimée), et à combien le cédant est-il prêt à vendre l'entreprise ? 

COMMENT YZICO PEUT ALORS ACCOMPAGNER LE DIRIGEANT D’ENTREPRISE ?

La transmission doit se préparer longtemps à l’avance. Nous répondons aux besoins quel que soit le mode de transmission de l’entreprise et collaborons avec d’autres professionnels pour apporter une solution complète et adaptée. A partir d’un audit, nous diagnostiquons, analysons les données pour obtenir la meilleure estimation de la valeur de l’entreprise, aidons à préparer l’entreprise à la vente, étudions les meilleurs choix fiscaux, juridiques, patrimoniaux et financiers, constituons le dossier de présentation et de sélection des repreneurs, assurons un rôle de conseil en mettant en évidence certains points de vigilance. Chez Yzico l'évaluation d'entreprise est le fruit d'une démarche qui doit s'opérer suivant une procédure précise. Le respect de ces étapes assure une évaluation de qualité.

"Un repreneur achètera son futur mais pas un passé > Notre message aux chefs d’entreprise : Soyez d'emblée réaliste. Votre temps est précieux, celui du repreneur également.
 "

Yann Ollivier,

QUELLES SONT CES ETAPES ?

Yann Ollivier : L’évaluateur doit préciser le contexte dans lequel intervient cette évaluation d’entreprise : préparation à une transmission, cession, fusion, augmentation de capital… Il définit ensuite le contenu de la mission d’évaluation d’entreprise et en pose les limites (pas de valorisation des stocks et d’analyse des créances par exemple). Une évaluation de ce type prend en compte la connaissance de l’entreprise et de son écosystème, son diagnostic comptable et financier, le choix de la méthode – patrimoniale et mixte (l’entreprise vaut ce qu’elle possède), comparative (l’entreprise vaut ce que les autres entreprises comparables sont effectivement payées par les opérateurs sur le marché), financières ou par les flux (l’entreprise vaut ce qu’elle rapporte) -, la synthèse des calculs.

EN DEFINITIVE, COMMENT CHOISIR ENTRE CES DIFFERENTES METHODES ?

Yann Ollivier :  Il faut identifier celle étant les plus adaptées à son cas. Nous conseillons de faire le point avec son expert-comptable ou avec un professionnel de la transmission d’entreprise. Pour les transmissions de TPE/PME, on retient généralement l’approche comparative et l’évaluation par barème pour évaluer un prix de cession. Ensuite, il y a des méthodes qui sont préconisées par secteur d’activité, il faut donc se renseigner à ce propos. Dans tous les cas, nous préconisons de retenir l’évaluation par approche comparative parmi vos méthodes sélectionnées, afin d’être cohérent avec le marché actuel. Les acquéreurs potentiels qui sont à la recherche d’une cible vont comparer plusieurs entreprises similaires en vente avant de faire leur choix (de la même manière que sur le marché de l’immobilier). Un prix de cession supérieur au prix moyen du marché réduit ses chances de trouver des acquéreurs intéressés. Les résultats issus de la valorisation d’une entreprise restent théoriques, le véritable prix de cession sera déterminé en fonction des opportunités potentielles et des négociations menées avec les acquéreurs.

 

Propos recueillis par Laurent Siatka